Oui, c´est bien l´Europe qui est en danger et les faiblesses qui sont les siennes sont attaquées sans répit.
Nous avions entendu il y a un peu moins d´un an des discours sur les risques des PIGS et même des PIIGS. Personne n´osait trop vraiment y croire, tellement l´affaire paraissait grosse… Une telle caricature ne pouvait pas avoir une base cartésienne. ..
Et pourtant il y a 6 mois fin avril, la Grèce était obligée de demander le soutien des autres pays européens faute de pouvoir se financer à des taux d´intérêts décents.
Les marchés avaient alors compris l´absence de pouvoir de la banque européenne comparée aux autres banques fédérales anglo-saxonnes en matière de rachat de dettes souveraines.
Solidarité européenne jouant, la Grèce est sauvée de la faillite. L´Union Européenne se dote alors d´une boîte à outils en cas de crise dont le plus emblématique élément est le fonds de soutien aux autres pays de la zone Euro de 750 Milliards de €.
Le système est sauvé se dit-on, l´Euro rebondit violemment et les allemands se disent que peut-être ils ne paieront pas les excès des pays du « Club-Med », suivant une expression que des politiciens ont tenu.
Las, l´onomatopée cochonne semble néanmoins résister et ne fait plus rire personne. L´Irlande, en deux fois moins de temps que n´a duré la crise grecque, tombe elle aussi à son tour. Ce pays de 4 Millions d´habitants obtient 90 Milliards d´Euros, presque autant que la Grèce (110 Milliards) pour ses 11 Millions d´habitants. Cela représente 20 000 Euros par actif ou encore plus de 30 000 Euros par foyer.
Les conjectures les pires sont exprimées par les plus ardents protecteurs de notre monnaie :
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, s'est quant à lui montré plus direct, estimant que l'existence même de la monnaie unique était en péril avec la crise de la dette dans la zone euro. Noircissant le tableau, il a par ailleurs averti que si les Etats membres de l'UE étaient « incapables de la défendre ensemble sur la longue durée, les conséquences économiques et sociales seront incalculables ».
Ce tableau catastrophique confirme toutes les anticipations en cours, le Portugal n´a guère de chance d´échapper également à la curée en cours. Alors la question est jusqu´où ? Quel sera le pays suivant, quel sera celui qui résistera ?
D´ores et déjà, le prix de la dette portugaise flambe à plus de 400 points de base comparé à l´Allemagne.
Et l´Espagne suit avec un différentiel de désormais plus de 220 points de base.
Alors jusqu´où la contagion ?
Seul un redressement rapide de l´économie de ces pays pourrait les sauver. La hausse PIB espagnol est hélas nulle % pour le 3ème trimestre 2010 tandis que le Portugal croît de +0,4%.
Handelsblatt titrait le 15 novembre 2010 un article « Der Spanische Patient ». Le titre est déjà tout un programme…
Jean Claude Juncker, l´influent Premier Ministre Luxembourgeois, vient de proclamer que le Portugal « n´avait pas un besoin immédiat …». C´est en soi un déjà dire que le pays sera le prochain sur la liste des Etats soutenus….
Alors que faire pour endiguer la vague de méfiance ?
La rigueur est aujourd´hui clairement la solution pour tous les pays européens et contrairement aux choix dépensiers américains qui se poursuivent, ils semblent que sous la pression des marchés l´ensemble des dirigeants soient en train de l´imposer à leurs citoyens.
N´est-ce pas un paradoxe de voir nos dirigeants tempêter contrer les spéculateurs et finalement se voir dicter des positions de sagesse et de rigueur budgétaire par ces soi-disants papes de l´avidité financière ?
N´est-ce pas là également la voie de survie de l´Europe, le courage de la rigueur dictée par les marchés ? Chemin en son temps déjà suivi par la France et organisé par Jean Claude Trichet en tant que Gouverneur de la Banque de France ...
L´histoire ne se répète jamais mais nos dirigeants ont pour la première fois la chance de prendre des décisions courageuses –repoussées depuis plusieurs décennies- pour l´avenir de leur pays respectifs et cela grâce encore une fois à l´Union Européenne.
Reste le plus dur, refermer aussi vite que possible la boite ouverte des accords de Lisbonne tout en évitant entre temps d´avoir à sauver plus de deux pays. Des dégâts, il y en aura mais cela pourrait bien être in fine la revanche d´un Euro apparemment faible redevenu fort...
Benoît
Benoît









