Trois évènements majeurs sont en train de perturber la zone Euro et pourraient occasionner des dégâts encore plus sévères que la précédente crise de début mai.
Tout d´abord acte I, politique bien sûr.
La danse de séduction de la cigale française représentée par notre ami Nicolas Sarkozy a pleinement réussi. Il faut dire que Monsieur Sarkozy avait bien choisi son lieu pour mener son numéro de charme: Deauville (18/10/2010), ses plages sans fin et son non moins fameux festival du cinéma américain. Le story board consiste dans la renégociation du traité de Lisbonne. L´accord envisagé a en tout cas toutes les caractéristiques pour tenir en haleine la zone euro pour les prochaines années.
En échange de la fin des sanctions automatiques pour les pays laxistes, souhait de Nicolas Sarkozy, ce dernier accepte une renégociation de l ´accord de Lisbonne permettant une possible suppression des droits de vote des pays non respectueux. Les sanctions pourraient même être financièrement renforcées et une participation du privé au soutien de la restructuration de la dette des pays trop endettée serait envisagée suivant le souhait de Madame Merkel.
Outre l´impression pour les autres pays européens d´avoir été exclu de de cette discussion, c´est ni plus ni moins une remise en cause des fragiles équilibres précédemment trouvés.
En atteste ainsi les extraits internationaux repris par le journal Le Monde le 29.10.2010 :
El Mundo : La coutume des sommets des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, en particulier dans l'Union à 27, c'est que quand il n'y a pas de crise, on en invente une".
Financial Times, "ce dernier imbroglio entre la France et l'Allemagne représente un pari risqué".
Les Néerlandais et les Scandinaves sont ainsi en colère contre la "magouille franco-allemande", note le Guardian, de même que José Manuel Barroso. "Je n'aime pas ce que je vois. C'est très dangereux", avait de son côté confié Viviane Reding au quotidien. "Ce devrait être une discussion à 27 et non le diktat de deux membres." La commissaire européenne a par ailleurs qualifié la révision du traité d'inutile (L'Essentiel) : "Ce serait irresponsable, je le répète, d'ouvrir la boîte de Pandore", a-t-elle martelé, rappelant "qu'il avait fallu dix ans pour arriver au traité" de Lisbonne. Elle a été soutenue par le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, le ministre des affaires étrangères du Grand Duché, Jean Asselborn, et d'autres pays de l'UE, comme la République tchèque. Jean Asselborn a ainsi qualifié la proposition franco-allemande de "poison pour l'Europe" dans les colonnes du quotidien économique Handelsblatt.
Finalement, Angela Merkel si elle n´obtint pas l´accord des 27 pour supprimer les droits de vote des membres non respectueux - l´Irlande et la Grèce en premier- parvint à conserver un consensus sur une base de révision minimale du traité. A noter au passage la fin d´une exception en Europe, la croissance des budgets de l´Union Européenne qui, à la demande des anglais, ne pourra plus augmenter comme précédemment.
Bref, terrible aveu de faiblessse européen que ce vaudeville entamé sur les terres du cinéma américain ! Jean Claude Trichet a d´ailleurs également mis en garde les dirigeants européens sur ce jeu pour le moins risqué. D´autant plus que désormais cet accord doit être retranscris dans le cadre d´un amendement officiel du traité dont on sait combien il fut difficile de le faire voter en particulier sur les terres du pays au trèfle à quatre feuilles….
Benoît