La dernière note de Patrick Artus, chef économiste chez Natixis est intéressante, je reprends dans ce post les grandes lignes de son analyse, vous pourrez retrouver la version intégrale ici:
P.Artus considère qu’il faut s’attendre à un retour en récession de la zone euro malgré les aides internationales et la poursuite de la crise dans les pays où existe une crise de solvabilité. Selon lui il n’y aura cependant ni défaut de paiements, ni restructuration, ni sortie de l’Euro de certains pays, ni inflation en raison de la baisse des salaires.
Les aides internationales (prêts bilatéraux, FMI) ont du sens quand il s’agit d’une crise de liquidité (Grèce), pas dans le cas d’une crise de solvabilité. Elle aide donc peu les pays qui sont dans ce cas (Espagne, Portugal).
En conséquence, la crise forcera tous les pays de la zone euro à réduire leurs déficits publics plus vite que ce qu’ils avaient anticipé afin de limiter ou éviter l'extension de la crise.
Les marchés financiers s’inquiètent, à juste titre, de la taille des déficits publics et de la dynamique des dettes publiques en Grèce, au Portugal et en Espagne (graphiques 2a et 2b ci-dessous) compte tenu de l’arrêt de l’endettement (graphique 2 d ci-dessous) et de la chute de l’activité de construction (graphique 2 e ci-dessous).
Des lignes de prêts aux pays en difficulté des autres pays de la zone euro ou du FMI n’apportent une aide efficace que s’il s’agit d’une crise de liquidité.
Mais s’il s’agit d’une crise de solvabilité, prêter au pays ne résout rien. La solvabilité budgétaire du pays est atteinte par la faiblesse de sa croissance à moyen terme, qui ne permet pas qu’il réduise son taux d’endettement public.
Créer de l’inflation pour réduire la dette ?
On sait que l’inflation, si elle réduit les taux d’intérêt réels, réduit les taux d’endettement publics. Cependant, on ne peut pas espérer de retour de l’inflation domestique aujourd’hui avec une hausse du chômage (graphique 4 a ci-contre) ainsi qu'un freinage des salaires (graphique 4 b ci-contre), qui est par ailleurs déjà visible en Espagne, et débute dans d' autres pays.
Au contraire, on constate que l’inflation sous-jacente recule (graphique 5 a et 5b)
En conclusion, il y aura incapacité à arrêter la
crise dans les pays où il s’agit d’une crise durable de solvabilité, en particulier l’Espagne. Dans ce pays, la croissance va être durablement très faible en raison de l’effondrement de l’activité de construction et des pertes d’emplois (graphique 12 ci-contre), d’où l’impossibilité de réduire les déficits publics et la hausse de la taille de la dette publique.
L.